Pucerons et fourmis : comprendre leur relation dans la nature
- La Colonie de Fourmis

- il y a 3 jours
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Quand on observe une plante colonisée par des pucerons, on remarque souvent la présence de fourmis qui circulent tout autour d’eux, comme si elles montaient la garde. À première vue, on pourrait croire qu’elles sont là pour les attaquer et les manger. En réalité, les fourmis viennent récolter une substance sucrée sécrétée par les pucerons: le miellat. Cette relation entre pucerons et fourmis est l’un des spectacles les plus captivants du monde des insectes.
Pourquoi les fourmis aiment-elles autant les pucerons ?
Les pucerons sont des insectes piqueurs, et se nourrissent de la sève des plantes. Le problème pour eux, c’est que cette sève est très riche en sucres, mais relativement pauvre en nutriments. Pour récupérer la quantité de nutriments dont ils ont besoin, ils doivent donc ingérer de grandes quantités de sève. Ensuite, ils éliminent l’excès d’eau et de sucres sous forme de miellat, une substance sucrée dont raffolent les fourmis.

Autrement dit, les pucerons ne “fabriquent” pas vraiment le miellat comme on fabriquerait une recette ; ils absorbent énormément de sève, en retiennent ce qui leur est utile, puis rejettent l’excès sous forme de liquide sucré.
C’est ce miellat qui attire les fourmis, lesquelles viennent parfois stimuler les pucerons avec leurs antennes pour récolter une petite goutte fraîche. Vu de près, on comprend tout de suite pourquoi on parle souvent de fourmis qui “traient” les pucerons.
Une relation utile pour les fourmis… et pour les pucerons
Cette relation n’est pas à sens unique, les fourmis ne viennent pas seulement se servir : elles protègent souvent les pucerons contre leurs ennemis naturels. En échange du miellat, elles repoussent, perturbent ou attaquent les prédateurs qui s’approchent trop près. On est donc bien face à une forme de mutualisme : les pucerons fournissent du miellat, et les fourmis montent la garde.
Parmi les prédateurs les plus redoutés des pucerons, on retrouve les coccinelles. Et pas seulement les adultes : les larves de coccinelles sont elles aussi de redoutables prédatrices, particulièrement friandes de pucerons. Quand une coccinelle ou sa larve s’approche d’une colonie “gardée” par des fourmis, ces dernières essaient souvent de la repousser pour protéger leur source de miellat.
Que devient le miellat une fois absorbé par les fourmis ?
Le plus intéressant, c’est que le miellat n’est pas forcément consommé immédiatement par la fourmi qui le récolte. Comme d’autres liquides sucrés, il peut être stocké dans le jabot social de la fourmis, puis redistribué aux autres membres de la colonie. C’est exactement le principe de la trophallaxie : une ouvrière collecte une ressource liquide, revient au nid, puis la transmet à d’autres ouvrières, aux larves, et parfois même à la reine. Ne manquez pas notre article dédié à la trophallaxie
Peut-on remplacer le miellat naturel en élevage ?
En élevage, on ne va évidemment pas installer une colonie de pucerons dans chaque aire de chasse pour nourrir ses fourmis. Il existe heureusement une alternative simple : le pseudo-miellat. C’est un liquidé sucré qui permet de remplacer le miellat naturel des pucerons et d’apporter à tes fourmis une source d’énergie facile à consommer. C’est pratique, propre, et bien plus simple à gérer au quotidien. Découvrez nos recettes dans l'article de blog dédié.
La mot de la fin
Les pucerons et les fourmis entretiennent donc une relation aussi discrète que fascinante. Les pucerons rejettent un liquide sucré issu de leur alimentation, le miellat, et les fourmis viennent le récolter comme une ressource précieuse. En échange, elles défendent souvent les pucerons contre différents prédateurs, notamment les coccinelles et leurs larves. Une scène minuscule, mais qui raconte énormément sur l’intelligence collective des fourmis et sur leur capacité à exploiter les ressources de leur environnement.
Si vous observez un jour des fourmis au milieu d’une colonie de pucerons, regarde bien : tu es peut-être tout simplement en train d’assister à une séance de “traite” miniature, version myrmécologie.



